Le Renouveau

Le Renouveau

Le CLiO a beau n’avoir que 35 ans, elle est la plus ancienne structure française, et toujours la plus passionnée amante de ces histoires qui ont toujours fait grandir leur monde. Redonner tout leur éclat aux anciens Souffles, accompagner chacun dans son travail de Tisserand de Lumières, tenter d’éclairer ces jours qui ressemblent à des nuits, et élargir nos horizons du coeur et de la pensée, cela a été, est et sera toujours l’engagement du CLiO.

Toutefois, pour traverser l’espace et le temps, il faut constamment s’adapter à son environnement sans y perdre son essentiel, et les mythes et contes ont beaucoup à nous apprendre dans leur faculté à toujours être les mêmes, et à toujours être différents pour toujours être nourriciers. Alors même si l’environnement nous contraint, pour un temps, à réduire nos activités de centre de ressources et de diffusion de spectacles, nous continuons à former (toutes les formations sont maintenues, les ateliers Fahrenheit 451 « Épopées et Grands et Récits » et « Miroirs du Merveilleux » continuent) et à créer (des co-productions et EPOS auront lieu).

Le travail, l’engagement et l’audace de Bruno de La Salle, le fondateur, nous permettent aujourd’hui d’encore pouvoir dire: « Il était une fois…

Une fois. Il était une fois. Îles et tétines fois-sonnent sur ma langue amène…

Quand je suis arrivé au CLiO, je m’envolais sur une rivière qui venait de naître, pensant que c’était une route. Le vent de septembre venait de souffler ses 2015 bougies, alors j’ai ramassé l’eau du fleuve pour la nouer autour de mon cou. Comme un poisson s’était pris dans ma manche, je l’ai remis au courant et il s’est mis à chanter : ‘Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines.’

Effrayé, j’ai fait un pas en arrière et je me suis retrouvé au mois de mars. J’étais mon propre fils. Il faisait nuit et le soleil reniflait un vieil homme qui tétait goulument sa grand-mère, assise sur un arbre millénaire, un nœud dans le bois.

Il me dit : ‘Ah, te voilà enfin ! C’est bien que tu sois cordonnier. Les souliers de nos chênes ont besoin d’être refaits. Le Temps a soufflé fort ces derniers vents, mais le Feu n’est pas encore éteint. J’ai encore faim et il faut que je termine mon prochain repas. C’est bien que tu ne sois pas marié, ta femme pourra aider ma grand-mère à recoudre les branches cassées, et puisque tu n’as pas d’enfant, je serai bienheureux d’enseigner à ton fils et à ses douze sœurs. J’ai encore faim.’

Je le remerciai car un père est toujours inquiet pour sa progéniture et je déposai le poisson que j’avais trouvé dans la manche de la route dans la bouche du vieux pour qu’ils mangent ensemble, assis sur le pied d’un arbre qui était occupé à éplucher une heure en deux. Son canif était si étincelant que je dus allumer une bougie pour que les Souffles se lèvent. Je craquais une allumette contre le bord du ruisseau et me mis en quatre pour aider les Actes à devenir.

C’est là que les choses se compliquèrent car j’étais quatre ! Je me serrais les huit mains, me souhaitais bonne chance, mais l’un d’entre moi prétendit qu’on n’allait pas travailler un dimanche !

Alors le 5ème moi qui n’était pas encore né, remue ses lèvres dans sa tombe et prie pour que les mots invisibles trouvent des tissus pour s’en couvrir et en recouvrent la Terre. C’est là qu’il grimpe jusqu’au ciel, sur une échelle de larmes et de sueur, pour contempler le tableau. Et c’est de là-haut qu’il nous voit, tous, assis sur des fleurs et gais comme des singes aux culs roses frottant des brindilles de feu.

Alors il empruntera un bout d’avenir. Il fera un emprunt au Temps qu’il paiera en échos pour élargir les piles, les faces et l’horizon, et la bougie deviendra flambeau, et sa lumière sera dans les yeux et sa chaleur entre les mots…

C’est dans un esprit d’ouverture, avec et grâce à un Conseil d’Administration audacieux et bienveillant, unanime dans le soutien et la confiance qu’il veut bien m’apporter, avec l’envie de créations de sens partagés et d’aventures généreuses, de coups de cœur et de rigueur, que je préside à la direction du CLiO pour que chacune de ses lettres s’épanouisse : Conservatoire contemporain de Littérature Orale.

Inscrivez-vous à la Newsletter

Adhérer au CLiO

Contactez-nous !

Login