Du grain à moudre

Du grain à moudre

Des écrits et des articles qui concernent notre discipline

De nombreux écrits témoignent de notre besoin d’histoires.
Nous vous en proposons une sélection parfaitement subjective.

 

ARTICLE – « Raconter la vie, à auteur d’homme »,
Sylvain BOURMEAU

Libération, 3 janvier 2014
« Sous l’égide de l’historien Pierre Rosanvallon, un réseau de chercheurs, d’écrivains, de journalistes et de citoyens se font les témoins de leur vie et de leur époque.« 
> Libération

 

ARTICLE – « Blanche comme neige », Marcela IACUB

Libération, 28 et 29 avril 2012
« Le bonheur, hélas, n’est pas à la portée de tout le monde. Pas tant à cause de nos névroses que par notre méconnaissance des bonnes manières de l’atteindre. Peut-être devrions-nous attribuer notre malheur à une telle ignorance de nos maladies, à celle des méthodes les plus simples pour éviter de perdre la santé. C’est pourquoi il est important d’apprendre aux enfants, dès leur plus jeune âge, les techniques du bonheur tout comme celles qu’ils doivent connaître pour marcher, parler, écrire et vivre en société. C’est sur cette hypothèse qu’est construit Blanche-Neige, le célèbre conte des frères Grimm. »
> Libération

 

ARTICLE – « Amadou Hampâté Bâ, le sage qui riait », Abdourahman A. WABERI

Le Monde des Livres, 27 avril 2012
« Les « Mémoires » du grand écrivain malien, parus après sa mort en 1991, sont enfin réédités. Quel est le point commun entre une université à Abidjan, un programme de recherche de l’université de Nantes, un palais de la culture à Bamako et un square dans le 10e arrondissement de Paris ? La réponse est un nom : Amadou Hampâté Bâ. La réunion en un seul tome de ses Mémoires vient le rappeler : cet homme aux sept vies, mort en 1991, fut tout à la fois écrivain, chef spirituel, diplomate, numérologue, conteur et philosophe. »
> Le Monde des Livres

 

ARTICLE – « Pourquoi le cinéma s’intéresse tant aux contes de fées ? », Jacques MANDELBAUM

Le Monde, 10 avril 2012
« Sans doute les affinités du cinéma avec le conte sont-elles anciennes. On pourrait même supposer que, avec sa dimension onirique et ses ramifications inconscientes, sa vocation populaire et ses transfigurations formelles, son goût de l’enfance et du récit initiatique, le premier s’est bel et bien substitué au second dans la représentation des fondamentaux qui hantent l’imaginaire collectif. »
> Le Monde

 

LIVRE – « Poétique de la Relation », Edouard GLISSANT

Extrait à propos des épopées.
« Les livres du sacré ou de l’historicité portent en germe l’exact contraire de leurs turbulentes réclamations… La victoire des Grecs dans l’Iliade tient à une supercherie. Ulysse au retour de son Odyssée n’est reconnu que de son chien, le David de l’Ancien Testament est souillé par l’adultère et le meurtre, la Chanson de Roland est la chronique d’une défaite, les personnages des Sagas sont marqués du signe de la fatalité inarrêtable, et ainsi  de suite. Ces livres fondent tout autre chose qu’une certitude massive, dogmatique ou totalitaire (hormis l’usage religieux qu’on en fera) : ce sont des livres d’errance, par-delà les recherches ou les triomphes de l’enracinement que le mouvement de l’histoire exige ».
> Poétique de la Relation, Edouard Glissant, Editions Gallimard, 1993.

 

LIVRE – « L’enfant et la peur d’apprendre », Serge BOIMARE

Extrait à propos du cycle des travaux d’Heraklès
« On croit souvent à tort qu’il s’agit d’une mise à l’épreuve de la force et de la vaillance du héros, alors qu’il s’agit en fait d’une confrontation à ses peurs intimes. Le nom de celui qui est chargé de le guider au cours de cette épreuve nous apporte un indice de taille pour comprendre ce qui lui est demandé. Eurysthée, puisque tel est son nom, veut dire « celui qui contraint vigoureusement à reculer loin ». Il va obliger Héraclès, qui ne tenait compte que du moment présent, à un retour en arrière pour approcher et maîtriser ses craintes infantiles qu’il ne sait qu’évacuer, au besoin en mettant son environnement en miettes. Pour cela, il a pris soin de sélectionner, pour chacun des travaux, des situations qui sont autant de représentations des pulsions qui animent Héraclès dès qu’il lui faut affronter la déception. Et celui qui se prenait pour un dieu parce qu’il tenait à l’écart tout ce qui aurait pu le rapprocher de la dépression et de ses limites devra œuvrer dans la boue, dans les marécages, dans les écuries… Ce chemin ne sera pas inutile. Il mettra de l’ordre en lui en apaisant ses propres tensions et en approchant l’équilibre ».
> L’enfant et la peur d’apprendre
, Serge Boimare, Editions Dunod, 2000.

 

ARTICLE – « Dire et scander le monde », Nicolas ROMEAS

Edito de la revue Cassandre/Horschamp N° février 2012
« De l’importance fondamentale de la langue dans le combat pour la liberté, le passage des savoirs, l’éclair d’étonnement du premier jour et du premier instant, le refus du moisi et la jouissance de l’invention (terme archéologique). […] »

> Cassandre/Horschamp

 

ARTICLE – « Nous aimons plus que jamais », entretien avec Luc FERRY

Le Monde des Livres, « Les Rencontres du Monde des Livres », 12 octobre 2010 Dans son entretien avec le journaliste Robert Solé, Luc Ferry présente son dernier livre La Révolution de l’amour. Pour une spiritualité laïque (Plon, 476p, 2010). Il conclut ainsi : « Après la guerre de Troie, Ulysse va mettre dix ans à rentrer chez lui car il a crevé l’œil d’un cylope, fils du terrible dieu Poséidon. Lequel va essayer de lui faire oublier le sens de sa vie, le sens de son voyage, qui va de la discorde et de la guerre à l’harmonie et à la paix, à Ithaque. Ulysse met le pied sur une île où se trouve une divinité sublime, Calypso. Elle tombe raide, folle amoureuse de lui. Si tu restes avec moi, lui dit-elle, je te donnerais la jeunesse éternelle et l’immortalité. Promesse chrétienne avant la lettre. Ulysse refuse cette promesse, alors qu’il a vu la mort de près et visité les enfers. Il quitte la nostalgie et renonce à une fausse espérance, pour choisir le présent ; iI pense qu’une vie de mortel réussie est préférable à une vie d’immortel ratée. C’est le début de la philosophie. […] »
> Le Monde des Livres

 

ARTICLE – « Contes de la haine ordinaire », R. R.

Le Monde des Livres, « Cahier du Monde », 5 novembre 2010
« Il y a des degrés d’horreur que le roman peut difficilement prendre en charge, des zones de démence tellement profondes qu’une fiction classique bute sur le seuil de la réalité, sans parve­nir à la traverser vraiment. (…) C’est par le conte que Rosetta Loy est entrée dans ces labyrinthes. Le conte qui, toujours, a donné la main à l’horreur, au meurtre, à la transgression. »

> Le Monde des Livres

 

LIVRE – « Epître aux jeunes acteurs. Pour que soit rendue la parole à la parole », Olivier PY

« La Parole est cet amour qui s’incarne dans l’oralité sous la forme d’une promesse. »
« J’affirme que (la) transmutation de la vie d’une âme dans une autre ne peut s’accomplir que par la Parole. Et quand l’exercice de la parole est ravalé à la communication animale d’un besoin, quand on doute qu’il y ait de la Parole dans la parole, quand on méprise les mots, quand on crotte le lyrisme, on assassine le fait humain dans sa plus grande vertu. »
> Epître aux jeunes acteurs Pour que soit rendue la parole à la parole, Olivier Py, Editions Acte-Sud, 2000

 

ARTICLE – « Les mots pour le dire », Michaël FOESSEL

Revue Etudes, Septembre 2009, n° 4113, p. 201
« Il est rare qu’une invitation venue de la philosophie rencontre un désir social. C’est pourtant ce qui s’est produit avec l’exigence de «se raconter» dont on ne compte plus les manifestations contemporaines. L’envie de faire récit de soi s’exprime partout : de la psychologie commune à la mode de l’autofiction, en passant par la toile, la presse, l’école ou le tribunal. Le désir de se rendre intelligible au moyen d’un récit renvoie en même temps à une des interrogations les plus ancien­nes de la philosophie : comment faire d’une vie biologique une vie humaine ? A cette question, on répond depuis Socrate qu’une vie ne s’humanise que d’être « examinée » par celui qui la vit. »
> Etudes

 

ARTICLE – « Quand file la parole », Denis DOUYON

Télérama Hors série « Les Dogons », mai 2011
« Pour les Dogons, la parole est équivalente au tissage. Contes, devinettes souvent crues, récits mythologiques, chants de circoncision ou de fauchage sont tissés, entrecroisés, placés selon mille et une variations. »
> Télérama Hors série

 

LIVRE – « La Reine Alice », Lydia FLEM

« Un mal, des mots : Alice au pays du cancer. A partir de Lewis Caroll et de sa propre rencontre avec la maladie, la belge Lydia Flem a conçu le récit magnifique d’une plongée dans l’absurde. Un défi redoutable posé à notre capacité à nous raconter des histoires. » (source : Le Monde des Livres)
> La Reine Alice, Lydia Flem, Editions du Seuil, 2011

 

ARTICLE – « En silence », Dominique QUINIO

La Croix, 6 juillet 2011
« Je reparlerai dans 122 jours. Des représentants du collectif qui re­groupe plusieurs associations luttant contre l’exclusion vont manifester, demain à Paris, avec un panneau marqué de cette terrible inscription. Ils veulent rappeler que quatre mil­lions de personnes en France disent ne pas avoir plus de trois conversa­tions par an ! »
> La Croix

 

ARTICLE – « Eloge de la culture orale », Dick ANNEGARN

Le Monde, « Horizons et débats », tribune à Dick Annegarn, 17 juillet 2011
« Davantage que les mots transformés par l’industrie culturelle en spectacle, le verbe est le porte-voix des pratiques populaires, des anciens bardes aux slameurs. L’Histoire commencerait à Sumer ? Puisque l’Histoire serait nécessairement écrite. Ce sont les Arabes qui ont inventé l’écriture. Cunéiforme. Quand les Gaulois en étaient encore à peindre leurs mains et leur gibier dans des grottes préhistoriques, on entendait déjà les contes, épopées et autres poèmes de bardes babyloniens. Littérature orale. La Création, Le Déluge,L’Epopée de Gilgamesh, avant d’être écrites, étaient chantées. Les moyens mnémotechniques, énumération, répétition, cadence, métrique, aidaient à mémoriser les textes. »
> Le Monde

 

LIVRE – « Une faim de loup, lecture du Petit chaperon rouge », Anne-Marie GARRAT

> Une faim de loup, lecture du Petit chaperon rouge, Anne-Marie Garrat, Editions Actes-Sud, 2004

 

LIVRE – « Musique », Michel SERRES

« D’où jaillit la Musique ? Des bruits du monde ? Des clameurs issues des assemblées ? De nos émotions ? Et comment la définir ? Rien de plus difficile que de répondre à ces questions. J’ai préféré dire ce qu’elle est en trois contes. Légendaire, le premier suit la vie d’Orphée, son initiation auprès des Bacchantes et des Muses, puis sa plongée dans les Enfers à la recherche d’Eurydice, son amante. Comment aimer en Musique ? Autobiographique, le second envahit le Grand Récit de la connaissance qui devient ici une Grande Symphonie. Peut-on penser en Musique ? Biblique enfin, le dernier psalmodie, de la Genèse à la Nativité. Doit-on prier en Musique ? »
> Musique, Michel Serres, Editions Le Pommier, 2011

 

ARTICLE – « Inspirés par Fred Vargas, les crieurs sont de retour », Claudia COURTOIS

Le Monde, « L’Histoire », 1er octobre 2010
« L’urne du crieur est posée face à la porte d’entrée. Immanquable. C’est le best-seller de la romancière Fred Vargas « Pars vite et reviens tard » (Viviane Hamy, 2001) qui a donné à Françoise, comme à ceux de Lyon ou de Greno­ble, l’idée de la criée. Dans ce roman, Joss Le Guern, un marin breton venu refaire sa vie à Paris après un drame professionnel, devenu crieur sur la place Edgar-Quinet, débite son « journal parlé » trois fois par jour. Un beau jour, dans sa boîte à messages, il commence à recevoir de curieuses annonces codées. Le début de l’intrigue et des meurtres. »
> Le Monde

 

LIVRE – « Le Discours antillais », Edouard GLISSANT

« Quitter le cri, forger la parole. Ce n’est pas renoncer à l’imaginaire ni aux puissances souterraines, c’est armer une durée nouvelle, ancrée aux émergences des peuples ».
« Cet essai analyse, à partir du cas martiniquais, les forces à l’œuvre dans les cultures antillaises. Le discours antillais porte la marque de ces traits de culture. Il s’efforce vers leur élucidation. Il débouche peut-être sur un langage nouveau. Il confronte en tout cas, dans sa partie créolophone, les dangers du passage de l’oral à l’écrit. Ces dangers sont exacerbés dans un pays comme la Martinique, où les puissances de la politique d’assimilation sont à l’œuvre. Ce qui se joue là, c’est, dans le cadre moderne des « contacts de civilisation », la possibilité pour une communauté de bâtir une culture « composite », éloignée à la fois des renoncements faciles et des replis stérilisants. » (source : Gallimard)
> Le Discours antillais, Edouard Glissant, Editions du Seuil, 1981, réédition Gallimard, 1997

 

ARTICLE – « Au Vanuatu, c’est la terre entière qui est un musée », entretien avec Jean-Marie Gustave Le Clézio

Télarama, « L’entretien », 19 octobre 2011
« Lorsqu’il y a quarante ans, avec le poète et intellectuel atypique Jean Grosjean (1912-2006), nous avons créé chez Gallimard la collection L’aube des peuples, c’était pour y rassembler des textes fondateurs venus de partout dans le monde et de toutes les époques. Et je me souviens qu’il y a une quinzaine d’années nous avions décidé de publier des chants aïnous. Le projet a failli ne pas voir le jour, parce que les Aïnous ne voulaient pas figurer dans une collection de textes primitifs, susciter une curiosité de ce genre. Nous avons dû leur expliquer qu’il y avait aussi dans la collection « L’Epopée » de Gilgamesh ou encore « L’Histoire des rois francs », de Grégoire de Tours, pour qu’ils acceptent d’y figurer. Cela pour dire que les peuples sans écriture, dits « premiers » ou « primitifs », ne veulent pas être reçus comme tels. » « Sera présente aussi Charlotte Wai Matansue, une femme de l’archipel Vanuatu qui tisse des nattes et des tapis. C’est aussi une conteuse et j’ai trouvé qu’il serait intéressant qu’elle raconte des histoires en même temps qu’elle montre ses œuvres – qui d’ailleurs ne sont pas seulement les siennes, mais celles de la communauté des femmes du Vanuatu. »
> Télérama

 

LIVRE – « Ward », Frédéric Werst

Frédéric Werts reconstitue l’histoire d’un peuple imaginaire, les Wards, en en présentant les premiers écrits remontant aux Ier et IIe siècles après Zaragabal Les premiers chapitres du livre sont consacrés à la description des mythes et de l’épopée fondatrice de cette civilisation disparue.
> Ward, Frédéric Werst, Editions du Seuil, 2011

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