Bruno de La Salle

Spectacles

L’Amour Interdit

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Les Mille et une Nuits

Composé entre les IXème et XVIème siècles, ce recueil rassemble des récits de provenances et de façons très diverses. Les plus anciens ont certainement pour origine des légendes perses et indiennes traduites puis islamisées au VIIIème siècle dans la région de Bagdad. De nouveaux récits ont été alors ajoutés, notamment ceux relatant les aventures du personnage historique, le Calife Haroun Al Rachid. A partir du XIIème siècle, les récits merveilleux issus de la tradition orale égyptienne sont venus enrichir peu à peu cet ensemble qui accueillit tout au long des quatre siècles suivants, un grand nombre de contes d’origines diverses (Arabie préislamique, Byzance, antiquité mésopotamienne ou biblique...).

Environ cent soixante titres composent cet ensemble, relatant des histoires parfois très brèves, ou au contraire, de véritables romans s’étendant sur plusieurs centaines de pages. Les genres sont très diversifiés : on trouve dans les Mille et une nuits aussi bien des contes merveilleux que des épopées, des romans d’amour, des tableaux humoristiques consacrés aux différentes professions et classes sociales, mais aussi des anecdotes qui relatent les faits de personnages célèbres, ou encore des contes à vocation morale.

Les contes sont le plus souvent imbriqués les uns dans les autres, selon le principe des récits à tiroir, dont l’histoire d’Haroun Al Rachid constitue un bon exemple : soucieux de mieux connaître son peuple, le Calife parcourt le royaume et rencontre de nombreux personnages qui lui content leur propre histoire ou celles qu’ils ont eux-mêmes entendues. Le recueil commence d’ailleurs par un prologue qui sert ensuite de récit-cadre à l’œuvre entière, l’histoire de Shéhérazade qui pour sauver sa vie et celle de toutes les femmes du royaume, raconte des histoires, le temps de mille et une nuits, à son époux le roi Sharyar.

Shéhérazade

Plus encore que la civilisation médiévale occidentale qui lui succéda, la société arabo-musulmane avait placé au centre de son interprétation artistique du monde le sentiment de l’amour. Les Mille et une Nuits en attestent tout particulièrement : le prologue nous raconte comment un roi qui découvre la tromperie et la perversité des femmes décide de réduire l’ensemble de celles-ci à un esclavage exclusivement sexuel, éventuellement maternel, pour ensuite s’en débarrasser. Cette folie exterminatrice engendrée par la paranoïa masculine va être combattue pacifiquement, puis vaincue par une femme conteuse qui, par amour plus que par ruse, va ramener l’homme et la femme séparés à un statut de couple harmonieux au sein duquel l’une montre et l’autre regarde, l’une raconte et l’autre écoute, l’un à le pouvoir de tuer et d’interdire, l’autre celui d’engendrer et de perpétuer.

L’histoire raconte comment Shéhérazade va réussir cette entreprise par le moyen d’histoires racontées dans le temps de l’intimité qui se situe entre le coucher et le lever du soleil, avant que la fureur de l’homme ne se réveille. Les nombreux récits qu’elle lui raconte exposent les origines de la mésentente entre hommes et femmes, entre rois et reines et ses conséquences de mort et de stérilité sur toute la société

Pour en savoir plus :

> Les Mille et une nuits, J.Bencheikh et A.Miquel, Gallimard, Folio, 1991 ;
> Les Mille et une nuits, R.Khawam, Phébus, 1986 ;
> Les Mille et une nuits, C.Mardrus, Laffont, 1980 ;
> Les Mille et une nuits, A.Galland, Garnier Flammarion, 1965 ;
> Les problèmes de la traduction des Mille et une nuits, A.Aderdour, thèse de doctorat, Paris V-Sorbonne, 1993 ;
> Les Mille et une nuits ou la parole prisonnière, J.Bencheikh, Gallimard, 1988 ;
> Thèmes et motifs des Mille et une nuits, N.Elisséef, Beyrouth, 1949.


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