Le mentir vrai est un genre du conte traditionnel pratiqué dès l’antiquité dans le proche Orient comme en Occident. On le retrouve dans des œuvres littéraires telles l’Histoire véritable de Lucien, le Baron de Münchhausen, Pinocchio, Alice au pays des Merveilles, Gulliver, ou encore Tartarin de Tarascon.
Dans la continuité de ses recherches sur le pouvoir et l’ambiguïté de toute parole, ce spectacle se présente comme un intermède dans le parcours de Bruno de La Salle au travers des grands textes épiques.
« Le jeu du mentir vrai accorde le conteur et son public. Il met aussi le récit à l’abri d’identifications douteuses, des dangers d’un discours partisan, du risque de blesser par la parole. C’est dans ce mensonge, dans cette neutralité - toute ressemblance avec des faits ou des personnes réelles ne peut être que pure coïncidence et est indépendante de notre volonté - que réside l’un des plus grands pouvoirs du langage des contes (...). Il permet de partager, de dispenser simultanément à chacun selon son besoin, comme le dit Amadou Hampâté Bâ « à l’enfant curieux, à la fileuse lasse qui veut se divertir, au vieillard qui veut s’instruire ».
(Bruno de La Salle, le Conteur amoureux, ed. Casterman).
Grand’Mère Mensonge s’inscrit dans cette tradition. Le jeu consiste à proposer une vérité composée d’histoires impossibles, offrant des moments étonnants, fantastiques, merveilleux, drôles ou chantés, véridiques ou falsifiés... où les grands-mères sont si menteuses qu’on les prend pour de belles jeunes filles ; où Petit Chaperon Rouge, crocodiles tyranniques et autres ogres affamés pourraient bien se rencontrer au coin de votre rue, entre la banque et la pâtisserie...