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Le Roi et le Cadavre

Le Roi et le Cadavre



Epopée d’Inde

par Emmanuel de Lattre (auteur-interprète)
Audrey Castagné (violoncelle)
Matthias Labbe (tablas)
Mise en scène : Basile Djédjé
Conseil artistique : Bruno de La Salle

Ce récit rapporte la redoutable quête, la série d’épreuves d’ordre initiatique dont triomphe le vaillant roi Trivikramasena. Ce nom est d’ailleurs le reflet, l’avatar du titre illustre de Vikrama ‘Vaillance’ ou Vikramaditya ‘Soleil de la Vaillance’, surnoms donnés à un célèbre roi antique (fondateur de l’ére Virkrama 57-58 avJC).

Un roi transporte sur son dos un cadavre pendant toute une nuit, dans un cimetière, pour le compte d’un yogi déguisé en mendiant. Le cadavre est possédé par un vetâla (être malfaisant faisant partie du décor semi-démoniaque entourant Siva) et dont le yogi veut se rendre maître. Le vetâla posent 24 énigmes au roi, qui devra, sous peine d’avoir le tête qui explose en 100 morceaux, répondre juste à chacun d’entre elles. Il deviendra ainsi lui-même Roi des Vetâla.

RECIT : Ces 25 histoires du Vampire demeure un des recueils narratifs les plus fameux de l’Inde ancienne, largement répandu par de multiples traductions ou adaptations dans la plupart des vernaculaires indiens. L’origine littéraire en réside dans un groupe de versions distinctes en langue sanskrite. Et même si aucune ne semble être antérieure au XIème siècle, elles présupposent un original commun beaucoup plus ancien. Plus d’un thème se retrouvent d’ailleurs dans Les Mille et Une Nuits, le Décaméron, chez Andersen, et avec Thomas Mann (Die vertauschten Köpfe), et plus généralement dans les littératures d’Orient et d’Occident, à tel point que l’on peut présupposer la présence d’un cycle populaire fort ancien, oral ou semi-oral, du Vetala.
Ces éléments tendent à conférer au Vetala une dimension quasi-intemporelle et universelle.

INITIATIQUE : Chaque histoire, se terminant par une énigme, est en cela comme une lointaine répercussion des vieilles épreuves du Veda, qui elles aussi comportaient une sorte d’énigme à résoudre et se corsaient de quelque menace virtuelle ou expresse.
De plus, comme il est courant à la fin d’un texte religieux, le Vetala se termine par l’indication du mérite qui s’obtient par sa lecture, sa récitation ou son écoute ; grâce auxquelles on est à l’abri de la malédiction et délivré des démons. C’est en cela également une lointaine répercussion du Veda, où si souvent la lecture d’un texte était exaltée au rang des plus hauts mérites spirituels.
Si ces Contes peuvent se lire comme autant de divertissements, ce sont aussi, énoncés sans pédanterie, des leçons d’instructions politiques et morales apparentées aux règles de conduite qu’enseignent les traités normatifs sanskrits relatifs aux intérêts et au bon ordre du corps social.

> http://leroietlecadavre.blogg.org



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