Texte : Homère, dans la traduction de Victor Bérard
Adaptation : Bruno de La Salle
Interprétation : Bruno de La Salle, récit et musique
(accompagnement d’un cristal Baschet)
Genre : incontournable !
Durée : version intégrale de 6h (entractes inclus) ou extrait choisi, version de 1h30
Public : tout public à partir de 12 ans
Cette récitation est l’oeuvre de toute une vie. Un chef d’oeuvre de la littérature orale.
Après en avoir donné au festival d’Avignon une première lecture de 8h en 1981, proposant
ainsi la 1ere « nuit blanche » du festival, et une version aboutie en 1991, Bruno de La Salle
continue la récitation de cette épopée fondatrice de la culture européenne.
Car la figure d’Ulysse et la poésie d’Homère sont d’une richesse infinie…
Lire la critique du Metropolitan Toronto (dec. 2010) « Depuis son écriture, vers le VIIème siècle avant J.C, l’Odyssée connaît un
destin extraordinaire et exemplaire, fait d’abandons et de retrouvailles, qui en
fait le témoin de la pensée occidentale. Dès l’instant où j’ai pénétré dans cet
extraordinaire chemin de mots, j’étais encore enfant, j’ai su que je devrais le
traverser.
Depuis, s’est affirmé en moi, le besoin de l’entendre et de le faire entendre,
dans la mesure de mes moyens, aussi simplement qu’il l’avait été à sa
naissance. J’ai voulu, pour cela, me rapprocher, autant que possible, des
techniques utilisées encore aujourd’hui par les griots africains ou les bardes
turcs ou indiens, comme le faisaient, d’une façon comparable sans doute, les
aèdes et les rhapsodes grecs.
L’adaptation a été réalisée dans l’intention de restituer en français, et pour un
public contemporain, les qualités orales, narratives, poétiques et musicales du
texte d’Homère »
Bruno de La Salle
Le périple d’Ulysse d’après Victor Bérard :
LA PRESSE
La chose est incroyable, surnaturelle et merveilleuse. L’évènement est fascinant. Figurez-vous que pendant trois heures, ici, à Toronto, le vieil Homère en personne s’est matérialisé et a envoûté un auditoire des meilleurs vers de l’Odyssée. Et en français s’il-vous-plaît.
À la vérité, on ne sait pas très bien si c’est Homère qui s’est transporté dans le temps et dans l’espace dans le hall de la Bibliothèque de référence de Toronto, ou si c’est la bibliothèque qui s’est transformée, le temps d’une soirée, en un théâtre antique, en quelque temple surplombant l’Égée, ou encore en la grande salle du Palais de Mycène…
C’est un étrange pouvoir que celui de faire voyager une salle, presque concrètement, de repousser ses murs, de les effacer petit à petit, de les changer en une mer rendue furieuse par le rancunier Poseidon, ou en une caverne puante, celle du cyclope Polyphème et de son troupeau immense.
Ce pouvoir, c’est celui des conteurs. Celui d’Homère, mais aussi celui de Bruno de La Salle. Un pouvoir que l’on acquiert au prix d’un immense travail. Artistique, mais aussi de mémoire. Bruno de La Salle connaît par cœur 4000 des 12 000 vers que compte l’Odyssée. La performance est également physique, et il fallait voir le conteur, épuisé à l’issue de son interprétation.
Un spectacle exceptionnel, que celui du fil du récit qui se déroule, de la poésie de l’œuvre plusieurs fois millénaire. Plusieurs fois millénaire et pourtant tellement actuelle. Ulysse qui apprend la mort de sa mère en voyant son ombre aux enfers, où il était venu pour tout autre chose, et qui tente de la serrer dans ses bras en vain, est une scène poignante, quelle que soit l’époque. Symbolique du deuil, de l’inéluctabilité de la mort et de la douleur infinie qu’elle provoque chez ceux qui vivent.
Poignante aussi est cette image d’Ulysse, de retour au pays, après « un long voyage » (20 ans tout de même) grimé en mendiant, mais dont le déguisement ne trompe pas son chien, resté fidèle après 20 ans. Lorsqu’Ulysse l’avait quitté, c’était un jeune chien vigoureux. Il est maintenant un vieux cabot décrépit, à l’image du héros. Mais il le reconnaît, et aussitôt, « son œil se voile des brumes de la mort ».
Bruno de La Salle est créateur et directeur du Conservatoire contemporain de littérature orale, à Vendôme, en France.
Raphaël Lopoukhine, Le Metropolitan de Toronto, 15 décembre 2010
A travers sa relecture passionnée de l’Odyssée, Bruno de La Salle s’impose comme le chantre du récit oral. Une tradition antique dont le conteur perçoit la renaissance dans les rythmes vocaux du rap.
Emmanuelle Bouchez, Télérama lire tout...
Présentée à Avignon dans son intégralité, l’épopée homérique réussit le tour de force de maintenir l’attention du spectateur d’un bout à l’autre. A l’instar de Philippe Caubère (un autre amoureux du marathon théâtral en solitaire), Bruno de La Salle a le don d’ubiquité, se métamorphose des milliers de fois, caresse, éructe et rythme les alexandrins au gré des péripéties du divin Ulysse.
D. Feig, L’Alsace
Tour à tour conquérant, pitoyable, cocasse, vengeur, le toujours rusé Ulysse. " L’homme aux mille tours " prend la carrure et la voix de Bruno de La Salle, et des personnages de l’épopée, dont les noms font toujours vibrer, se mettent alors eux aussi à exister : la nymphe Calypso, le Cyclope Polyphème, la magicienne Circé, la sage Pénélope, le fils vertueux Télémaque. (...) Le public a applaudi à tout rompre Bruno de La Salle, ce curieux barde du XX ème siècle qui exhume, de façon si respectueuse et si percutante à la fois, cette épopée à nulle autre pareille.
M.B.G, Dernières Nouvelles d’Alsace